mercredi 18 janvier 2017

Acte II

Cette fois-ci, commencer par : "Les deux femmes entrèrent dans la pièce", et terminer par : "Dehors il pleuvait".

Les deux femmes entrèrent dans la pièce en chuchotant comme des conspiratrices. Par la fenêtre, je les avais déjà repérées, qui ricanaient dans la cour de l'immeuble en se poussant du coude. Que mijotaient-elles ?
Impassible, je continuai à vanter les mérites de l'appartement aux deux couples qui s'étaient présentés. Le directeur de l'agence avait décidé de faire jouer la concurrence entre les postulants en les invitant à une visite commune, ce qui était très désagréable pour moi. En effet, personne ne regardait le même endroit au même moment, et j'étais souvent obligée de me répéter. Jusqu'à présent, j'avais jugulé l'énervement qui montait en moi en pensant à la commission juteuse que je tirerai de cette vente, mais voilà que ces deux trublions entraient en scène...
Comme j'allais quitter le salon, la première remarqua à haute voix que le soi-disant parquet d'époque n'était qu'un vulgaire parquet flottant habilement vieilli, et que les moulures du plafond pourraient bien être des rosaces en plastique, à en croire un expert de leurs amis. Pendant ce temps, sa comparse mettait tant d'ardeur à faire aller les battants à meneaux de la fenêtre que les pauvres ventaux XVIIème se mirent à gémir et couiner comme ils ne l'avaient jamais fait depuis deux jours que j'avais ce bien en charge ! Elles agirent de même dans les pièces suivantes, critiquant tout, semant le doute sur mes explications, allant même jusqu'à prendre mes clients par le bras pour leur montrer de supposées moisissures dans le fond d'un placard obscur. La décence et mon professionnalisme m'empêchaient de les flanquer à la porte, mais je voyais mes chances de conclure l'affaire s'éloigner, tout comme les deux couples d'ailleurs, qui prenaient congé de moi tandis que le téléphone de l'une de mes importunes sonnait.
Quelques mots échangés, puis, avec un grand sourire, l'autre me dit : "On a bien failli être les seules sur ce coup et l'avoir, cet appart'. Mais dommage pour vous, on vient de nous en signaler un autre, plus grand et moins cher. Tant pis ! Tchao !"
Dehors, il pleuvait...



mardi 17 janvier 2017

Acte I

Restons à l'atelier, puisque je suis en train de recopier et mettre en forme...

Autre consigne : Ecrire un texte commençant par : "Deux hommes entrèrent dans la pièce", et finissant par : "Dehors il faisait soleil".


Deux hommes entrèrent dans la pièce. Ils portaient une combinaison épaisse, verte, étroitement lacée dans des bottillons caoutchoutés. De leur visage, on ne voyait que les yeux derrière la lucarne de plexiglas de la cagoule qui dissimulait leur tête.
Ils marchaient d'un pas lent, pesant, et on entendait le chuintement de leur respirateur portatif. Ils tenaient chacun une espèce de ballot qu'ils posèrent sur le sol, devant moi. Ils contenaient une armada de fioles et de seringues, de petites machines avec des clignotants de toutes les couleurs et plein de choses que je n'aurais pas su nommer.
Ils s'accroupirent face à moi et, malgré ma peur et la douleur, je ne pus m'empêcher de penser qu'ils ressemblaient à d'étranges lutteurs de sumo. L'un d'eux commença à examiner ma vue avec un drôle de stylo lumineux. Je clignais des yeux, j'y voyais de plus en plus trouble. L'autre tapait sur les touches d'une des petites machines en parlant dans le micro intégré à son accoutrement. Ca crachotait, je ne comprenais rien. Mais je savais qu'il était question de moi, de mon état. Qu'allait-il m'arriver ? Ils ont commencé à me déshabiller en mettant tous mes vêtements dans un grand sac, puis ils m'ont scanné de la tête aux pieds, comme un immense code-barres. Ca aurait pu être humiliant, c'était terrifiant.
Tandis que l'engin émettait d'étranges gargouillis crépitants, des lampes rouges s'allumaient un peu partout dans la salle et dans le couloir d'accès, pour le peu que j'en voyais par l'oculus blindé de la porte.
Alors je compris que mon temps était compté, que je ne sortirais peut-être même pas de cet endroit, du moins dans cette pauvre enveloppe charnelle. Je m'étais cru plus fort que tous, j'avais voulu détruire, à moi seul, ce temple de la menace absolue, de l'arme ultime et... Une sonnerie stridente a fait lever la tête aux deux hommes, et ils se sont évanouis comme par magie. La sonnerie s'est amplifiée et a pris possession de mon cerveau jusqu'à ce que, enfin, je me réveille... Dehors il faisait soleil...


dimanche 15 janvier 2017

Rêve d'espoir(s)

Lors du dernier atelier de décembre, il fallait écrire un poème en vers libres, intitulé "Rêve d'espoir(s)", contenant un maximum de mots en "OIR". A tête reposée, j'aurais pu développer mon vocabulaire, mais il fallait faire dans le temps imparti...


Espoir ? Un rêve à revoir,
Une lumière dans le noir
D'une nuit sans bougeoir.
Espérer te revoir, un soir,
Décrocher du séchoir
Ce mouchoir
Où je n'en finis pas de pleuvoir
Mes larmes, comme un arrosoir...
Nous irions nous assoir  
Dans un coin du boudoir,
Face au vieux miroir.
Tu me tiendrais le crachoir
Comme quand j'allais au parloir
Fardée, pomponnée, pour ne pas déchoir.
Rêver de te revoir ?
Il n'y a plus d'espoir,
Ils t'ont condamné au tranchoir.
Mes illusions vont devoir passer au hachoir !
Désespoir...







vendredi 13 janvier 2017

Et si j'essayais ?

Si j'étais sage, j'y mettrais du thé... Mais si je m'écoutais, je le remplirais d'un bon chocolat bien mousseux...
Encore faudrait-il que je le gagne... Qui sait ?!

Gagnez un mug “Je scrape donc je suis” !


Vous êtes fan de scrapbooking ? Alors vous allez adorer ce superbe mug créé par Créa-Bisontine que Creapassions vous propose de gagner !
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Tirage au sort lundi 16 janvier à 20h !

Alors bonne chance à tous !

vendredi 30 décembre 2016

L'une part, l'autre arrive

Je souhaite que, pour ceux qui viennent se perdre du côté de mes mots, 2016 ait apporté quelques beaux, voire très beaux moments car, dans la mémoire collective, cette année ne sera pas des plus glorieuses, avec son lot de tragédies. Que nous réserve les pages du nouveau calendrier que nous allons feuilleter les douze mois prochains ? Attendre, et espérer... Il semblerait que, même si les Hommes de bonne volonté sont nombreux, une poignée d'autres suffisent à faire trembler le Monde...

A notre niveau lambda, gardons le moral et l'espoir de jours lumineux. Profitons d'un sourire, d'un regard, d'un air de musique sous un coin de ciel bleu, de quelques mots échangés, d'une rencontre, de toutes ces petites choses sans grande importance qui nous enrichissent.

Ce sont mes voeux pour vous, pour ceux qui vous sont chers comme pour ceux que je porte dans mon coeur.

Pour quelques uns, j'ai fabriqué des cartes plus personnalisées. Cette année encore, les "Chouettes Plumes"m'ont fait travailler en quinze exemplaires ! Heu... toutes les mêmes, quand même !!!



Mais j'en ai envoyé beaucoup d'autres, pour que le lien d'affection ou d'amitié ne soit pas rompu...

mardi 20 décembre 2016

T'as d'beaux yeux...

Je pianotais sur mon clavier, et d'info en info je suis tombée sur la nouvelle du décès d'une grande dame du cinéma, Michèle Morgan, qui avait joué dans le film "Remorque", en partie tourné à Brest

les escaliers du Cours Dajot

et sur la plage du Vougot, à quelques encablures de chez moi...


Elle était la jeunesse de mes parents, elle fut une artiste de mes séances ciné du jeudi...

lundi 19 décembre 2016

Pose

Défi de la semaine 51 chez Mil et une...

                                                                                                                                           Vermeer



Avec ta tranquille cruauté d’artiste, tu exiges de moi la soumission absolue, tu me modèles selon ta volonté, me fais courber l’échine ou cambrer les reins, mordre dans l’amertume d’un fruit trop vert, poser jusqu’au-delà des limites de la fatigue…
Lorsque je m’écroule le sommeil me fuit et, durant ces longs soirs d’insomnie où je ravale jusqu’à plus soif ma douleur et mes griefs, je te pardonne, simplement pour cet éclat de lumière dans tes yeux sombres, quand tu sais que tu tiens enfin ce que tu recherches, au bout de toutes ces heures qui me laissent pantelante.
Alors tu viens vers moi, relève une boucle, ajuste un pli et, sans un merci, tu murmures : « On continue »…