dimanche 15 octobre 2017

Princesse Nini


Nouveau sujet chez Mil et Une...



Nini, qu'elle s'appelle. Mais dans la rue c'est Princesse. Pas qu'elle soit plus fière ou mieux née que les autres, mais parce que son mec, c'est le Prince, un caïd fils de caïd, que jamais personne ne penserait à contester son territoire, qu'il avait du reste bien étendu depuis que son paternel s'était fait étendre, lui... Peut-être à cause de ça, d'ailleurs, comme qui dirait pour venger sa mémoire...
Ca lui faisait encore plus de rues à arpenter, à Nini, vu que la théorie de Fernand - pardon, du Prince - c'est que le personnel doit tourner, pour pas lasser le client et pour pas que ta tronche s'imprime trop vite dans la rétine des poulets. Ca finissait quand même par arriver, mais le Prince arrosait suffisamment large pour éteindre les braises quand ça sentait le cramé.
Nini, elle est pas née dans le milieu. Du temps où elle s'appelait Aline, elle vivait comme tout le monde, avec un père qui ramenait chaque mois sa paie d'honnête ouvrier mal payé et une mère qui travaillait au noir pour boucler un budget mort le quinze. Dans leur vie médiocre, ils avaient eu la chance de n'avoir qu'une fille. Ils n'auraient jamais pu allonger une thune de plus pour un autre gosse.
Nini avait grandi sans démonstrations d'affection mais sans taloches. Elle avait l'esprit vif  et savait tourner sa langue dans sa bouche avant de l'ouvrir. Elle suivait à l'école et se voyait bien travailler dans un bureau, loin de l'usine qui faisait survivre son patelin. A seize ans son paternel lui avait permis d'aller au bal le samedi soir, avec sa copine Yvette chaperonnée par son frère aîné, plus occupé à chahuter avec ses copains qu'à garder un oeil sur sa frangine qui, elle, perfectionnait sa technique du tango avec tous les boutonneux du coin en mal de chaleur humaine.
Un soir qu'elle s'ennuyait ferme dans un coin de la salle des fêtes en sirotant un jus d'orange tiédasse, Aline avait décidé de rentrer chez elle sans attendre Yvette. Il pleuvait, elle avait couru et perdu une chaussure dans une flaque. Un mec était descendu d'une bagnole garée sous un réverbère, il avait ramassé la grole, l'avait épongée sur son futal avant de se pencher pour la glisser au pied trempé d'Aline, transportée d'un coup dans l'univers féerique des bouquins qu'elle dévorait quand elle était môme. Il était prévenant, regard de braise sous le large bord de son Borsalino chocolat. Sa gabardine fleurait le tabac blond et sa bouche disait qu'elle était belle comme une sirène avec ses cheveux bouclés où s'accrochaient des perles de pluie. 
Il avait proposé de la raccompagner. Il était revenu, souvent, jusqu'à ce que ses parents s'habitent et se laissent embobiner pour lui permettre de partir à la ville. Sans dire quelle ville. Elle ne les a jamais revus. Lui n'était plus ni tendre ni même poli. Elle était devenue Nini et n'avait plus connu que les trottoirs des bureaux, à partager avec d'autres filles aussi paumées qu'elle. Et puis son homme avait pris du galon et son surnom à elle avait changé, mais pas sa condition.
Ce soir elle en a marre. Marre de se faire exploiter, tabasser, marre d'arpenter le bitume, de devoir sourire quand elle a envie de pleurer. Dire qu'il y a des secrétaires qui font la gueule en se posant tous les matins devant leur machine à écrire...
S'assoir, rien qu'un instant, histoire de masser ses pieds douloureux, voler quelques minutes de répit à la vie...
Une voiture s'arrête, une vitre se baisse : "Alors, Princesse, on abdique ?" grince une voix ironique...

jeudi 12 octobre 2017

Raisonner la raison



Chez Mil et Une en semaine 41, un grand sujet de réflexion...


Écrire
Mène à lire
Pire
Se relire…

Mais est-ce une raison

Pour arrêter de dire
Ce qui inspire
Nous fait médire
Ou séduire
Ce qui de nous transpire 

Sans raison

Juste pour le plaisir
Une chance de saisir
La couleur d’un désir
L’espace d’un soupir

Est-ce déraison ?

Je donne ma langue au chat !


vendredi 6 octobre 2017

Le rêve de Wulfran




 Être
Ou paraître
Peut-être naître
Disparaître
Et puis renaître
Oublier sa forme
Difforme
Portant haut-de-forme
Énorme
Penser être roi
Avoir des droits
Voir des endroits
Moins étroits
Vivre autrement
Avoir des sentiments
Être un homme
En somme.

Aucune illustration aujourd'hui, pour ménager le suspense. 

Qui est Wulfran ? Pour le savoir, il suffit juste d'acheter le nouveau livre des Anthologies Ephémères, édité par "The Book Editions" et vendu au profit de l'Association "Rêves", pour réaliser le rêve d'un enfant ou d'un adolescent gravement malade...  

Ce texte ne fait pas partie de ceux figurant dans le recueil.

jeudi 5 octobre 2017

Ca faisait longtemps...

... que je n'avais pas aligné les mots, chez Mil et une, faute d'être disponible. Et puis le sujet ne fait pas toujours "tilt"... Aujourd'hui, c'est venu comme je vous le livre ici :




VOUS ME CONNAISSEZ TOUS

Méchante. Je suis méchante, et cela depuis toute petite. Je n’y peux rien, c’est dans ma nature. Et en grandissant, ça a empiré, je suis devenue odieuse, parfois vicieuse. Je m’adapte, sans chercher à changer. Certains sont pour d’autres comme le sel de la vie. Moi, je serais plutôt leur grain de poivre, celle qui les fait tousser à en perdre le souffle et pleurer à s’y noyer. 
Je ne possède pas une once de diplomatie. A quoi me servirait de ménager tel ou tel, voire d’être simplement polie ? Je n’ai jamais non plus éprouvé la moindre jalousie pour les gentilles, ces mièvres qu’on oublie sitôt qu’on s’en éloigne. Les méchantes, par contre, on ne les oublie pas, et elles finissent toujours par revenir de leur exil, aussi loin qu’on les expédie !
Avec le temps, on dit de moi que j’enfle, c’est mon côté baryton, ma voix grossit en proportion et elle accompagne dignement mes propos, couvrant toute protestation, éclipsant toute tentative de conciliation.
Vous l’aurez compris, j’adore mettre mon nez dans les affaires des autres, dans toutes les fentes de leur existence que j’élargis à grands coups de dent féroces, sans me départir de ce sourire qui sait mettre en confiance, et ma bouche pulpeuse peut déverser sa dose de poison dans l’oreille la plus compatissante sans que nul n’en ait pleinement conscience.
Je m’enveloppe d’une aura sulfureuse, acide, caustique, létale parfois… Je passe sans me retourner sur les dégâts que j’engendre, sans état d’âme et sans émotions, froide, distante, indifférente à tout ce qui n’est pas moi.
Beaucoup ont essayé de me faire taire, mais il aurait fallu me tuer dans l’œuf, moi, la fille de Médisance et On-dit, moi qu’on nomme la Rumeur.

 Norman Rockwell - The gossips

mardi 3 octobre 2017

Ils sont formidables !

Oui, TBE a fait très fort pour que notre livre soit à nouveau visible à la vente très vite : quelques heures ont suffit pour valider la version corrigée, au grand soulagement de tous !

Donc, maintenant, y'a plus qu'à !


Voyage

Nouveau
Recueil composé de 118 récits, poèmes, nouvelles et images, conçus par 113 auteurs et illustrateurs (dessinateurs, peintres, photographes) dont le plus jeune...

La suite est ici :https://www.thebookedition.com/fr/voyage-p-353426.html

lundi 2 octobre 2017

"Faisons un rêve"

"Faisons un rêve", proposait Sacha Guitry en son temps... Mais ce rêve était basé sur la tromperie, le mensonge, ce n'était qu'une illusion.

Rêver, vraiment, c'est sérieux, surtout pour un enfant. C'est une bulle de bonheur et d'espoir. Et quand il se trouve que cet enfant est malade, hospitalisé, rêver devient une nécessité, une force qui porte.

Cela, les amis virtuels de la blogosphère l'ont compris depuis longtemps, et quatre fois déjà ils se sont unis pour mettre du soleil dans les yeux, un sourire sur les lèvres de jeunes qu'ils ont parrainés par le biais de l'Association "Rêves", en donnant un peu de leur temps, de leur talent et de leur coeur pour façonner un livre dont les bénéfices ont été utilisés avec bonheur : 





Cette année encore, le "gang des Anthologies éphémères" a frappé, pour la bonne cause : pas moins de 113 auteurs et illustrateurs (dessinateurs, peintres, photographes) menés par Quichottine, se sont embarqués pour un VOYAGE dont ils espèrent beaucoup, grâce à la générosité de tous et chacun

 

Il coûte 15 euros. Ceux et celles qui me connaissent et habitent près de chez moi peuvent le commander par mon intermédiaire, à condition de le faire avant le 10 octobre. Après cette date, où si vous êtes loin, ou si vous voulez vous débrouiller tout seul, c'est ici :

https://www.thebookedition.com/fr/voyage-p-353426.html

Attention : à la date d'aujourd'hui et pendant quelques jours, le site indiquera que cet ouvrage est indisponible, tout simplement parce que nous voulons qu'il soit le plus beau possible et que deux ou trois petites coquilles sont en cours de correction. Il n'y en a pas pour longtemps, l'escale sera de courte durée, ne vous découragez pas !

Voilà, n'est-ce pas tout simple de semer du bonheur là où le rêve a servi de terreau ? Alors oui, tous ensemble, faisons le rêve d'en réaliser un !

samedi 16 septembre 2017

Parce que c'était l'été

Du moins sur le calendrier, et pour quelques jours encore, que le fameux challenge de scrap distillait ses dernières consignes, je me suis penchée sur les photos de l'an dernier, si lumineuses...

Onzième page : des fleurs, tamponnées, découpées... autres que celles figurant éventuellement sur le cliché.
J'ai choisi ces petites graminées qui dansent dans le vent au bord de nos côtes, et qui parfois partagent, une trop courte saison, un peu de leur maigre terre avec les coquelicots qui reviennent, lentement mais sûrement, poser leur sceau dans les champs.


Et pour la douzième et dernière page, il suffisait que son titre commence par un "A". Puisque c'était la fin, j'ai tiré ma révérence dans un large sillon d'écume... (Dis Mamy, pourquoi c'est blanc alors que la mer est bleue ?)


Allons, les devoirs de vacances sont maintenant finis ; ils m'auront permis d'associer mes coups de coeur aux différentes consignes. Je n'ai rien gagné à ce petit jeu, que la satisfaction d'avoir répondu en temps et en heure à un défi ludique et le plaisir de revivre des instants.

Pour conserver les différentes pages de ce carnet d'un été, je les ai reliées dans cette couverture toute simple :